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Une monture de lunettes se règle aux oreilles autant qu’au nez

Avatar de Sixtine Malaquin

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On ajuste presque toujours une monture de lunettes en pensant au nez, rarement aux oreilles. C’est pourtant l’équilibre entre les deux points d’appui qui détermine si des lunettes tiennent confortablement toute une journée ou glissent sans cesse.

Le nez, un appui trompeur

Les plaquettes, ces petites pièces qui reposent sur l’arête du nez, semblent porter l’essentiel du poids des lunettes. En réalité, sur une monture correctement ajustée, elles ne supportent qu’une partie de la charge : le reste repose sur les branches, qui s’appuient contre les tempes et se prolongent derrière les oreilles. Une monture qui glisse en permanence sur le nez n’a pas nécessairement un problème de plaquettes ; le défaut vient souvent d’une branche trop ouverte, qui ne maintient plus assez de pression contre la tempe pour retenir la monture en place.

Les branches, un réglage plus discret mais essentiel

Une branche s’ajuste par un léger cintrage, généralement au niveau de la charnière et derrière l’oreille, pour épouser exactement la forme de la tête. Une branche trop serrée comprime les tempes et provoque des maux de tête en fin de journée ; une branche trop lâche laisse la monture glisser vers l’avant à chaque mouvement, ce qui pousse à remonter les lunettes d’un geste répété devenu réflexe chez beaucoup de porteurs. Ce réglage, souvent négligé, se corrige en quelques minutes chez un opticien équipé pour chauffer légèrement la matière et la recintrer sans risquer de la casser.

Les plaquettes, un ajustement de précision

Sur les montures en métal, les plaquettes sont généralement réglables individuellement, ce qui permet de corriger un basculement de la monture ou une pression inégale entre les deux côtés du nez. Une plaquette trop écartée laisse la monture descendre ; une plaquette trop resserrée marque la peau et devient inconfortable après quelques heures. Sur les montures en matière plastique, dépourvues de plaquettes réglables, cet ajustement passe uniquement par le réglage des branches et par la forme du pont, ce qui limite les possibilités de correction fine.

L’acétate, une matière sensible à la chaleur

Les montures en acétate de cellulose, très répandues, ont la particularité de se ramollir légèrement sous l’effet de la chaleur, ce qui permet justement à un opticien de les recintrer sans les casser. Cette même sensibilité thermique explique pourquoi une monture laissée en plein soleil, sur un tableau de bord par exemple, peut se déformer d’elle-même et perdre son réglage initial sans qu’aucun choc n’en soit responsable. À l’inverse, le froid rend l’acétate plus cassant et moins malléable, ce qui rend les ajustements plus risqués en hiver sans chauffage préalable de la matière.

Les montures en métal, elles, ne se déforment pas sous l’effet de la température ambiante, mais elles gardent en revanche la mémoire d’un ajustement forcé : une branche pliée à la main, sans outil adapté, prend un pli permanent qui complique tout réglage ultérieur précis. C’est pourquoi un ajustement, même mineur, reste préférable entre les mains d’un professionnel équipé plutôt que corrigé soi-même dans l’urgence, au risque de devoir ensuite corriger une déformation supplémentaire en plus du problème initial.

Un déséquilibre qui se voit souvent trop tard

Une monture mal réglée finit par déformer sa propre structure : une branche qui compense un mauvais appui nasal s’ouvre progressivement, un pont qui force sur un nez fin se déforme lentement. Ces déformations, une fois installées, rendent le réglage ultérieur plus difficile et parfois définitivement imprécis. Faire vérifier régulièrement l’équilibre entre nez et oreilles, notamment après un choc ou une chute même mineure, évite d’arriver à ce stade. Un opticien peut réaliser cet ajustement gratuitement dans la plupart des cas, un service que Service-public.fr rappelle comme faisant partie des prestations couramment incluses lors de l’achat d’une monture, indépendamment de tout achat de nouveaux verres.

Vérifier ce double appui prend quelques secondes devant un miroir : les lunettes doivent rester stables lorsqu’on incline légèrement la tête vers l’avant, sans qu’aucun des deux points ne prenne toute la charge à la place de l’autre — un équilibre aussi précis que celui recherché dans la coupe d’un vêtement bien ajusté.


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